Les congés payés sont un droit ouvert dès l’embauche, quel que soit le contrat de travail. Le salarié acquiert des droits au fil de la période de référence, mais leur prise reste soumise à l’organisation des départs fixée par l’employeur et, le cas échéant, par la convention collective. Mais alors à quoi fait-on référence lorsque l’on parle de la période de référence ? Et comment se calcule-t-elle ? On vous explique.
𝑳’𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒍𝒆, 𝒓𝒆́𝒔𝒖𝒎𝒆́ 𝒆𝒏 𝒖𝒏𝒆 𝒎𝒊𝒏𝒖𝒕𝒆.
– La période de référence est le cadre légal d’acquisition des congés : en principe, elle court du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Dans le BTP, elle est généralement fixée du 1er avril au 31 mars.
– Chaque mois de travail effectif ouvre droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés. Soit 30 jours ouvrables par an pour une année complète ; lorsqu’il y a un nombre fractionnaire, il est arrondi au nombre entier supérieur.
– Le salarié bénéficie des congés dès son embauche, mais leur prise dépend de la période de prise et de l’ordre des départs fixés par l’employeur ; en cas de rupture du contrat, une indemnité compensatrice de congés payés est due pour les jours acquis et non pris.
Sommaire de l'article
Qu’est-ce que la période de référence pour les congés payés ?
Les congés payés annuels sont un droit accordé par l’employeur au sein d’une entreprise à tous les salariés. Cependant, l’employé doit avoir au minimum accompli une période définie de travail. C’est ce qu’on appelle, la période de référence. Cette période est fixée uniquement par le Code du travail, du 1ᵉʳ juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours. Par exemple, la période des congés payés pour l’année 2024 est fixée du 1ᵉʳ juin 2023 au 31 mai de l’année 2024. Ces dates peuvent néanmoins être différentes selon les dispositions conventionnelles et la convention collective de l’entreprise. À noter que :
- Lors d’une nouvelle embauche, cette période va débuter à partir de la date d’entrée en fonction, tout en conservant comme échéance, le 31 mai de l’année en cours.
- En cas de rupture de contrat de travail entre les deux parties (l’entreprise et le salarié), la période de référence des congés payés deviendra la date de rupture de contrat.
Bon à savoir : Les entreprises spécialisées dans le domaine des BTP ou des spectacles sont dans l’obligation de s’affilier à une caisse de congés payés. La période de référence des congés payés est alors fixée du 1ᵉʳ avril de l’année précédente (au lieu du 1ᵉʳ juin) au 31 mars de l’année en cours (au lieu du 31 mai).
Comment la période de référence est-elle calculée ?
Pour cela, il est important de savoir comment sont calculés les congés payés dans une entreprise. Et il existe différentes méthodes de calcul.
| Situation | Règle à retenir | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Période de référence standard | 1er juin N-1 → 31 mai N | Peut être différente par convention ou accord collectif |
| Secteurs BTP / spectacles | 1er avril N-1 → 31 mars N | Affiliation à une caisse de congés payés |
| Acquisition mensuelle | 2,5 jours ouvrables par mois | Total annuel : 30 jours ouvrables |
| Arrondi | Le total de jours acquis est arrondi à l’entier supérieur | Ex. 12,5 jours = 13 jours |
| Fin de contrat | Indemnité compensatrice pour les congés non pris | Versée à la rupture du contrat |
Les différentes méthodes de calcul
On peut déjà noter que les congés payés sont un droit pour tout salarié, et ce, peu importe le type de contrat auquel le salarié a souscrit avec son employeur.
- Les salariés ont 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectué pendant la période de référence. Lorsque leur temps de travail ne peut pas être décompté en mois complet, alors, il est possible de le décompter par période de 24 jours, ou bien de quatre semaines.
- Pour les salariés soumis au forfait jour, le calcul des congés payés en forfait jour se fait en décomptant le temps de travail selon les jours de travaillés durant l’année, sans pour cela, suivre un horaire précis.
Méthode du 1ᵉʳ juin au 31 mai
Le calcul des congés payés pour le travail effectué par le salarié selon la méthode du 1ᵉʳ juin au 31 mai s’effectue comme suit : on compte, le 1ᵉʳ juin, les mois de travail que le salarié a effectué au sein de l’entreprise et on les multiplie par 2,5. On les ajoutera ensuite aux autres jours ouvrables de congés payés de chaque mois. Soit 3 mois + 12 mois x 2.5 = 37,5 jours de congés payés ouvrables.
Par exemple : Si un salarié commence son travail le 1ᵉʳ mars, alors au 1ᵉʳ juin, il aura accompli 3 mois de travail. Ces derniers seront multipliés par les 2,5 jours de congé auxquels il a droit par mois. Soit 3 mois x 2,5 jours de congé = 7,5 jours de congés payés ouvrables. Généralement, on arrondit à l’unité supérieure, donc à 8.
Méthode du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre
L’entreprise peut suivre ses congés sur une base interne annuelle, mais cela ne modifie pas la règle légale d’acquisition. Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, avec arrondi au nombre entier supérieur, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. Une convention collective ou un accord collectif peut prévoir des règles plus favorables.
Par exemple : Si le salarié a travaillé 5 mois durant l’année, alors il a le droit à un congé de 2,5 × 5 = 12,5 jours de congé, mais arrondis à 13 jours de congé ouvrables. S’il a travaillé tous les mois de l’année alors le calcul de congés payés se fera selon la formule : 12 × 2.5 = 30 jours.
Les spécificités de la période de référence
Certains cas exceptionnels peuvent survenir. Il arrive bien souvent que le salarié souhaite reporter son congé, mais également qu’il soit nouvellement embauché ou qu’il soit démissionnaire, voire licencié. Que se passe-t-il dans ces cas-là ?
Le report des congés non pris
Le report des congés non pris dépend des règles applicables dans l’entreprise et peut être prévu par accord. En l’absence de report accepté ou organisé, les jours non pris ne sont pas automatiquement indemnisés pendant la relation de travail ; l’indemnité compensatrice intervient surtout à la rupture du contrat. Pour rappel, l’ordre des départs en congé doit être communiqué à tous les salariés, au moins un mois à l’avance.
Le cas particulier des salariés nouvellement embauchés
Dès le premier jour de travail du salarié, celui-ci est considéré comme salarié à part entière au sein de l’entreprise. Le nouveau salarié en CDI peut prétendre à des congés payés CDI la première année. En effet, le nouvel embauché a droit aux jours de congé qu’il a acquis dès les premiers mois de son arrivée dans l’entreprise. La seule condition est que la période de prise des congés doit être ouverte. Par ailleurs, l’ordre des départs fixé par l’employeur doit être respecté.
Le cas particulier des salariés quittant l’entreprise
Si le salarié quitte son employeur sans avoir bénéficié de ses congés, alors il a le droit à une indemnité compensatrice à la fin de son contrat de travail. La somme perçue par le salarié correspond au nombre de jours de congés payés que le salarié n’a pas pris au moment de la rupture du contrat. Cette indemnité est obligatoire.
FAQ
La période d’acquisition sert à calculer les droits ; la période de prise est celle où le salarié peut poser ses congés.
Oui. Le droit à congés est ouvert dès l’embauche, mais les dates restent soumises aux règles de l’entreprise et à l’ordre des départs.
L’employeur doit verser une indemnité compensatrice de congés payés correspondant aux jours acquis et non pris.

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