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La mobilité professionnelle en entreprise : en quoi ça consiste ?

Découvrez les différents types de mobilité professionnelle (interne, externe, ascendante, descendante) et leurs enjeux pour les entreprises et les employés. Un guide pratique pour mieux gérer les parcours de vos talents.

La mobilité professionnelle : un atout pour la carrière des salariés.

La mobilité professionnelle est au cœur de la gestion des carrières. Ce concept constitue une opportunité tant pour les employés que pour les employeurs, mais révèle de nombreux défis importants. Comprendre les différents types de mobilité professionnelle est donc essentiel pour mettre en place des stratégies RH efficaces pour favoriser le développement humain et économique.

𝑳’𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒍𝒆, 𝒓𝒆́𝒔𝒖𝒎𝒆́ 𝒆𝒏 𝒖𝒏𝒆 𝒎𝒊𝒏𝒖𝒕𝒆.
La mobilité professionnelle prend plusieurs formes : interne (transversale, fonctionnelle, géographique), externe (changement d’entreprise, freelancing, entrepreneuriat) ou internationale (expatriation, impatriation, TCN).
Elle est soutenue par un cadre légal et des dispositifs d’accompagnement : l’entretien de parcours professionnel (EPP) tous les 4 ans est obligatoire et doit aborder les souhaits d’évolution.
Elle génère des bénéfices mesurables pour les deux parties : pour les salariés (progression de carrière, nouvelles compétences, motivation), pour l’entreprise (attraction/rétention des talents, adaptabilité, performance, culture renforcée).

La mobilité professionnelle : définition

La mobilité professionnelle fait référence à un changement de poste, de lieu de travail, d’entreprise ou de secteur d’activité qu’un salarié est susceptible d’effectuer au cours de sa vie active. Cette dynamique de plus en plus observée dans le milieu professionnel est soutenue par au moins 3 facteurs, à savoir : les changements économiques, l’évolution technologique ou encore les aspirations personnelles de chaque collaborateur. La mobilité professionnelle n’est cependant pas un simple déplacement, mais un véritable levier de développement des compétences, des carrières et des organisations.

  • La mobilité peut être ascendante : elle fait référence à l’évolution verticale la plus connue. Dans ce cas, le salarié monte dans la hiérarchie de la structure avec une prise de responsabilité. La mobilité ascendante stimule la motivation du capital humain et soutient sa rétention.
  • Ou descendante : Elle est moins fréquente. Il s’agit d’un changement de statut caractérisé par un retour à un échelon inférieur accompagné d’une perte de responsabilités. Exemple : passer du statut de manager à celui de collaborateur. Ce cas de figure peut particulièrement se présenter lors d’une reconversion professionnelle.

Le cadre légal de la mobilité professionnelle en France

En France, la mobilité professionnelle est encadrée par le Code du travail et soutenue par plusieurs dispositifs obligatoires. L’entretien de parcours professionnel (EPP) est le moment clé où salarié et employeur discutent des souhaits d’évolution ; il doit se dérouler tous les 4 ans au minimum et aborder les compétences, le parcours, les besoins de formation et les souhaits professionnels.

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, une Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) doit être négociée avec les partenaires sociaux tous les 3 ans ; elle constitue le socle d’une stratégie de mobilité cohérente et anticipée.

Par ailleurs, la Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) est promue comme une démarche complémentaire : elle vise à améliorer le travail et ses conditions en incluant la mobilité comme levier de développement des compétences et de prévention de l’usure professionnelle. Enfin, le salarié bénéficie d’un droit à la formation professionnelle continue tout au long de sa carrière, notamment via le compte personnel de formation (CPF).

Les différents types de mobilité professionnelle

Les différents types de mobilité professionnelle s’adaptent aux besoins et aux ambitions des salariés et des employeurs. Explorons les principaux mouvements de carrière.

Type de mobilitéDéfinitionCaractéristiquesAvantages pour le salariéAvantages pour l’entrepriseCadre légal
Mobilité interne – Transversale (horizontale)Changement de poste au même grade dans un autre département✓ Même niveau hiérarchique
✓ Nouvelles compétences
✓ Vision transversale
Diversification du portefeuille de compétences, élargissement du réseauDéveloppement de polyvalence, flexibilité, meilleure connaissance de l’organisationEPP tous les 4 ans
Mobilité interne – Fonctionnelle (verticale)Promotion ou rétrogradation avec changement de responsabilités✓ Évolution hiérarchique
✓ Impact salarial possible
Progression professionnelle, augmentation salariale (promotion) ou reconversion (rétrogradation), valorisationAccès aux talents internes, fidélisation, amélioration de la performance, réduction coûts recrutemenEPP tous les 4 ans et entretien spécifique 2 ans avant 60 ans
Mobilité interne – GéographiqueTravail dans une autre zone géographique (filiale, site, agence)✓ Même entreprise
✓ Changement de lieu
✓ Peut combiner changement de poste
Découverte de nouveaux environnements, opportunités de réseau, possibilité d’évolutionOptimisation des ressources, couverture territoriale, développement de l’expertise localeAccord collectif ou accord individuel possible ; attention à la clause de mobilité
Mobilité externeChangement d’entreprise (nouvelle compagnie, poste ou secteur)✓ Nouveau contexte
✓ Nouvelles valeurs potentielles
✓ Évolution souvent souhaitable
Découverte de nouvelles pratiques, prise de recul, nouvel élan, meilleure congruence culturelle potentielleRenouvellement d’idées, apport de talent externe, nouvelles perspectivesRespect du préavis et clauses du contrat ; liberté de circuler reconnue
Mobilité externe – EntrepreneuriatCréation de sa propre entreprise✓ Autonomie totale
✓ Engagement personnel fort
✓ Risque/récompense
Indépendance, maîtrise du projet, potentiel de revenus illimitéPerte du talent (mais possible retour ultérieur)Rupture du contrat ; possibilité de congé sabbatique
Mobilité externe – FreelancingStatut de travailleur indépendant✓ Flexibilité
✓ Multi-clients
✓ Gestion autonome
Liberté d’organisation, pluralité de projets, meilleure conciliation vie/travail possibleAccès à expertise spécialisée sans structure permanentePas de contrat de travail ; statuts différents (auto-entrepreneur, EI, EIRL)
Mobilité internationale – ExpatriationMutation à l’étranger du salarié français✓ Durée temporaire
✓ Nouveau contexte culturel et professionnel
✓ Enjeux de protection sociale
Développement personnel et culturel, expertise internationale, perspective globaleCouverture de postes critiques, expansion internationale, leadership multiculturelContrat spécifique ; protection sociale à vérifier (S9203, attestation A1, etc.)
Mobilité internationale – ImpatriationMutation en France d’un salarié étranger✓ Renforcement effectifs
✓ Transfer de savoir-faire
Intégration, développement de compétences localesAccès à talents mondiaux, développement de diversité, renforcement expertiseVisa/titre de séjour ; protection sociale selon accord bilatéral
Mobilité internationale – TCN (Third Country National)Mutation hors pays d’origine et hors France✓ Déploiement global
✓ Expertise transnationale
Développement international, expérience pluriculturellePilotage global, expertise locale en plusieurs paysAccords spécifiques selon pays de destination et d’origine

La mobilité interne

Prenons sa définition. La mobilité interne se réfère au transfert ou à l’évolution d’un employé d’un poste à un autre au sein de la même entreprise. Ce processus offre à la structure la possibilité de satisfaire ses besoins en interne, évitant ainsi de recourir au recrutement externe souvent coûteux et long. Cette approche ouvre, en plus, un vaste éventail d’opportunités pour les collaborateurs en matière d’évolution professionnelle. La mobilité interne peut être faite de manière :

  • La mobilité transversale : elle décrit une situation où un salarié quitte son poste actuel et de service pour occuper une fonction de même grade dans un autre département. La mobilité transversale, également connue sous le nom de mobilité horizontale, favorise la diversification du portefeuille des compétences et des expériences professionnelles. Elle peut prendre la forme d’un vis ma vie en entreprise
  • La mobilité fonctionnelle : à l’inverse, la mobilité fonctionnelle, ou mobilité verticale, induit le plus souvent une promotion. Aussi appelée mobilité hiérarchique, elle peut toutefois concerner une rétrogradation, lorsque l’employé se déclasse. Selon qu’il soit ascendant ou descendant, ce type de mobilité professionnelle peut entraîner soit une augmentation de salaire, soit une baisse de la rémunération. 
  • La mobilité géographique : ce mouvement de carrière professionnelle, pareillement interne à l’organisation, est constaté lorsqu’un salarié va travailler dans une autre zone géographique, au sein d’une filiale du groupe ou de l’entreprise. Celui-ci peut par exemple changer de site de production, d’agence, de bureau.

Droits et obligations du salarié lors d’une mobilité professionnelle

Lors d’une mobilité interne volontaire, le salarié ne peut être forcé à accepter : le refus d’une mobilité volontaire ne constitue pas une faute et ne peut justifier un licenciement sans cause réelle et sérieuse. En revanche, une mobilité pilotée (décidée par l’employeur) doit être justifiée par des raisons professionnelles légitimes (réorganisation, besoins de l’entreprise, développement de compétences) ; si le salarié refuse, l’employeur peut envisager un licenciement, mais doit respecter une procédure stricte (entretien préalable, délai de réflexion, motifs clairs).

Quels sont les avantages de la mobilité interne ?

  • Pour le salarié, la mobilité interne encourage la progression professionnelle tout en lui offrant la possibilité de rester au sein d’une entreprise dont il connaît déjà les valeurs et les ressources. Elle lui permet en plus de renforcer ses compétences, de relever de nouveaux défis et de poursuivre ses aspirations professionnelles.
  • D’un point de vue RH, elle engendre une réduction du coût du recrutement. Diffuser des offres d’emploi en interne élimine le tout besoin de recourir à des services externes comme un cabinet de recrutement. La mobilité interne contribue aussi à la valorisation et à la fidélisation des employés, en conservant les talents au sein de l’entreprise et en favorisant leur développement. Cette opportunité d’avancement en interne à un effet positif sur la rétention des talents.

La mobilité externe

La mobilité externe fait aussi partie des principaux types de mobilité professionnelle. Cette transition implique un changement d’entreprise avec un passage d’un environnement de travail à un autre, la plupart du temps pour des opportunités plus attrayantes liées à un nouveau poste ou à un nouvel emploi, une évolution professionnelle ou une meilleure congruence culturelle. La mobilité externe peut de même se manifester sous forme d’entrepreneuriat ou de freelancing. La première conduit à la création de sa propre entreprise. La seconde, elle, mène vers l’indépendance avec un statut de travailleur freelance.

La mobilité internationale 

La mobilité internationale désigne avant tout une mutation professionnelle. Celle-ci à la particularité d’impliquer une période de travail temporaire dans un pays autre que le pays d’origine. Elle apporte de nouvelles perspectives professionnelles et culturelles, et peut se matérialiser en : 

  • Expatriation : un travailleur français est muté à l’étranger ;
  • Impatriation : un employé étranger est muté en France ;
  • Third Country Nationals (TCN): le salarié est muté hors de son pays d’origine et également hors de France.

Formalités administratives et sociales pour la mobilité internationale

Une mobilité internationale ne peut être engagée sans anticiper les formalités sociales et administratives, qui varient selon la destination. Pour un salarié français en mission temporaire à l’étranger (moins de 3 mois), l’employeur doit remplir l’avis de mission professionnelle à l’étranger (formulaire S9203) auprès de l’Urssaf et de l’Ameli pour maintenir la couverture sociale française.

En cas de détachement (mutation temporaire), un certificat de détachement et une attestation A1 doivent être remis au salarié ; la durée est en principe limitée à 24 mois en Union européenne et 3 ans hors UE. Pour une expatriation durable, le contrat de travail doit être explicitement modifié, et les implications fiscales, sociales et contractuelles doivent être clarifiées avec l’aide d’un expert (cabinet de conseil en mobilité internationale ou juridique).

Un processus d’onboarding adapté (accueil, intégration culturelle, soutien linguistique, accompagnement familial) est recommandé pour maximiser le succès de la mobilité internationale.

Quels sont les enjeux de la mobilité professionnelle ?

Véritables relais de croissance, les différents types de mobilité professionnelle présentent des enjeux économiques, stratégiques et sociaux, influençant aussi bien le personnel que l’organisation. Notez ces quelques considérations clés :

Pour les employés

  • Acquisition de nouvelles compétences : les mouvements de carrière permettent aux salariés d’acquérir de nouveaux savoir-faire. Cette diversification de leurs profils professionnels améliore leur employabilité et par conséquent leur adaptabilité sur le marché du travail en constante évolution. « 78% des collaborateurs, conscients des évolutions rapides des métiers, veulent apprendre ».
  • Opportunités de progression professionnelle : les déplacements internes et externes à l’entreprise rendent possibles les évolutions professionnelles, garantissant des salaires plus élevés pour la masse salariale.
  • Impact sur la motivation et l’engagement : les possibilités d’avancement constituent une source de motivation majeure pour les employés. Un changement de fonction peut revitaliser un parcours professionnel et accroître l’engagement et la satisfaction au travail. Il renforce l’expérience collaborateur, permet aux salariés de se sentir valorisés.
  • Gain de contacts : enfin, les divers types de mobilité professionnelle aident les travailleurs à élargir leurs réseaux. 

Pour l’entreprise

Les entreprises bénéficient également des déplacements des travailleurs entre différents secteurs, emplois ou régions. Pour elles, les enjeux sont à minima quadruples :

  • Attraction et rétention des talents : « la politique de mobilité professionnelle fait partie intégrante de la stratégie de recrutement de l’entreprise de 40% des DRH ». C’est ce que révèle une étude LinkedIn Talent Solutions. Une politique de mobilité attractive contribue en effet à non seulement attirer de nouveaux talents, mais aussi à fidéliser les meilleurs éléments. Cela s’explique par la transparence du parcours ou du processus de mobilité interne qui aident les travailleurs à mieux se projeter dans le futur de l’entreprise, réduisant ainsi le turnover qui est passé de 13,7% en 2013 à 15,1% en 2019.
  • Adaptabilité et compétitivité : des ressources humaines polyvalentes, agiles et flexibles montrent plus de capacité d’adaptation face aux changements d’un marché en perpétuel mouvement. Cette adaptabilité est un atout précieux qui permet aux organisations de poursuivre leur croissance et de saisir de nouvelles opportunités.
  • Culture d’entreprise renforcée : les types de mobilité professionnelle permettent aux collaborateurs d’avoir une vision transversale de la structure tout en encourageant la collaboration entre des équipes qui habituellement n’évoluent pas ensemble. En servant à la définition de parcours d’évolution de carrière clairs, ils renforcent les valeurs, les croyances, les normes et les pratiques partagées par le personnel d’une entreprise.
  • Performance boostée : un environnement de travail collaboratif, transparent, épanouissant et qui lutte contre l’obsolescence des compétences est le gage d’une productivité accrue, malgré d’incessantes mutations dans le paysage concurrentiel. 

Les limites et enjeux à anticiper

Bien que bénéfique, la mobilité professionnelle comporte aussi des enjeux à ne pas négliger : une mobilité trop fréquente peut générer de la fatigue, une perte de repères ou une démobilisation si elle n’est pas accompagnée. Une mobilité imposée sans dialogue peut entraîner une démission ou un turnover involontaire. La mobilité géographique, en particulier, peut déstabiliser le salarié et sa famille, justifiant un accompagnement renforcé (aide au logement, congé d’adaptation, soutien psychologique).

Enfin, une politique de mobilité efficace exige des investissements en formation, en communication et en suivi personnalisé : sans cela, elle peut aggraver les tensions sociales plutôt que de les réduire. C’est pourquoi une articulation claire entre mobilité interne, QVCT et GPEC est essentielle pour garantir que la mobilité profite à tous.

FAQ

Comment bien préparer et accompagner une mobilité professionnelle ?

Une mobilité réussie passe par plusieurs étapes clés : (a) anticipation et communication claire des objectifs, délais et conditions de la mobilité ; (b) co-construction du projet entre salarié et manager lors de l’EPP ; (c) formation et adaptation sur les nouveaux outils/processus ; (d) mentorat ou parrainage par un pair expérimenté ; (e) suivi régulier (points d’étape, feedbacks) pendant les 3-6 premiers mois ; (f) évaluation et ajustements si besoin. Un plan de transition écrit et partagé réduit l’anxiété et augmente le taux de succès.

Quel est le rôle de l’Entretien de Parcours Professionnel (EPP) dans la mobilité professionnelle ?

L’EPP est obligatoire tous les 4 ans et représente le moment officiel où le salarié et l’employeur discutent ensemble des souhaits d’évolution, des besoins de formation, des compétences et du parcours professionnel. C’est lors de cet entretien que peuvent émerger des projets de mobilité interne, de reconversion professionnelle ou de transition professionnelle. L’EPP doit se dérouler pendant le temps de travail et doit faire l’objet d’une trace écrite remise au salarié. Tous les 8 ans, un état des lieux récapitulatif du parcours doit vérifier que le salarié a bénéficié d’au moins une action de formation et d’une évolution salariale ou professionnelle ; à défaut, l’employeur doit abonder le CPF de 3 000 € (entreprises de 50+ salariés).

Quelles sont les implications fiscales et sociales d’une mobilité professionnelle ?

Pour une mobilité interne ou externe en France : Les frais professionnels remboursés (frais de déplacement, formation, indemnité de mobilité) ne sont pas soumis à cotisations sociales et à CSG-CRDS s’ils respectent le barème Urssaf. Un changement de salaire suite à une promotion est imposable et soumis aux cotisations ; en revanche, une indemnité de mobilité forfaitaire (si prévue par convention collective) peut bénéficier d’exonérations partielles.