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Elections du CSE : 10 étapes clés pour bien les organiser

Véritable pilier du dialogue social, le Comité Social et Économique (CSE) est au cœur de la vie de l’entreprise. Son élection, obligatoire à partir de 11 salariés, représente un moment clé où s’expriment la participation et la représentation du personnel. 

Au-delà d’une exigence légale, ces élections constituent un levier de cohésion, de transparence et de confiance entre direction et salariés. Organisées tous les deux à quatre ans, elles garantissent la mise en place d’instances capables de porter la voix des collaborateurs et de veiller à la santé, la sécurité et aux conditions de travail au sein de l’entreprise. Mais pour être valides, ces élections doivent suivre un cadre juridique strict. Entre obligations réglementaires, respect des délais et rigueur procédurale, leur organisation peut rapidement devenir complexe. 

Une bonne préparation est donc essentielle. Encore faut-il savoir par où commencer. Cet article pratique vous accompagne dans les 10 étapes clés pour organiser vos élections en toute sérénité.

Étape 1 : Vérifier si l’entreprise est concernée par l’obligation d’élections

Avant toute chose, il convient de déterminer si votre entreprise est tenue d’organiser les élections du CSE. L’obligation s’applique à toute structure comptant au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Ce seuil doit être atteint de manière continue sur une période d’un an. Comment calculer les effectifs ? Le calcul des effectifs prend en compte les : 

  • salariés en CDI à temps plein ou partiel, 
  • CDD et intérimaires, au prorata de leur présence, 
  • salariés mis à disposition, s’ils travaillent dans l’entreprise depuis au moins un an. 

Cas particuliers

Certaines situations nécessitent une attention spécifique :

  • Entreprises multi-sites : le calcul se fait sur l’ensemble de l’entreprise, et non par établissement.
  • Associations : l’obligation s’applique dès lors qu’elles emploient du personnel salarié. 
  • Renouvellement du CSE : lorsque le mandat arrive à échéance, de nouvelles élections doivent être organisées, selon les mêmes règles. 

💡 Conseil pratique : anticipez la date d’atteinte du seuil d’effectif pour ne pas vous retrouver en infraction. En cas de retard, l’employeur s’expose à des risques juridiques (contentieux, signalement à l’inspection du travail, etc.).

Étape 2 : Informer les salariés et lancer officiellement le processus électoral 

Dès que l’entreprise est soumise à l’obligation d’organiser des élections, l’employeur doit informer l’ensemble des salariés. Cette étape marque le lancement officiel du processus électoral. 

Modalités d’information 

L’annonce peut se faire par :

  • affichage dans les locaux accessibles à tous les salariés, 
  • communication interne (email, intranet, réunion d’information). 

Elle doit intervenir dans un délai raisonnable avant le premier tour, afin de permettre la négociation du protocole d’accord préélectoral (PAP), et au plus tôt 90 jours avant le premier jour du scrutin (délai légal).

Contenu de l’annonce 

Le message doit préciser :

  • la date envisagée du premier tour,
  • le nombre de sièges à pourvoir, 
  • l’invitation à négocier le protocole d’accord préélectoral avec les organisations syndicales. 

💡 Conseil pratique : une communication claire et transparente favorise la compréhension du processus et renforce la confiance entre la direction et les salariés. Un message explicatif accompagné d’un calendrier prévisionnel contribue à mobiliser et responsabiliser l’ensemble du personnel.

Étape 3 : Inviter les organisations syndicales à la négociation du PAP (Protocole d’Accord Préélectoral) 

Une fois les salariés informés, l’employeur doit inviter les organisations syndicales à venir négocier le Protocole d’Accord Préélectoral (PAP). Ce document fondamental fixe les règles du scrutin et garantit l’équité du processus électoral. 

Qui inviter ? 

Doivent être conviées les organisations syndicales :

  • représentatives dans l’entreprise ou l’établissement,
  • ayant constitué une section syndicale dans l’entreprise ou l’établissement
  • affiliées à une confédération représentative au niveau national et interprofessionnel (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC),
  • légalement constituées depuis au moins deux ans, dont le champ professionnel et géographique couvre l’entreprise concernée. 

Délai et forme de l’invitation 

L’invitation doit être adressée et reçue au moins 15 jours avant la date de la réunion de négociation. Elle peut être transmise par tout moyen : courrier, email, ou encore affichage interne. Toutefois, un courrier devra obligatoirement être envoyé aux organisations syndicales représentatives dans l’entreprise, au niveau interprofessionnel et celles ayant constitué une section syndicale. 

Point de vigilance 

Toute erreur dans la convocation (oubli d’un syndicat, non-respect du délai…) peut entraîner l’annulation des élections par le tribunal judiciaire.

💡 Conseil pratique : tenez un registre précis des envois et des accusés de réception pour prouver le respect de vos obligations.

Étape 4 : Négocier et valider le Protocole d’Accord Préélectoral (PAP) 

Le Protocole d’Accord Préélectoral (PAP) constitue la pierre angulaire des élections du CSE. C’est lui qui fixe les règles du scrutin et garantit que chaque salarié puisse voter et se présenter dans des conditions équitables et transparentes. Plusieurs éléments doivent être négociés et validés conjointement par l’employeur et les organisations syndicales :

  • la répartition du personnel entre les différents collèges électoraux (ouvriers/employés, agents de maîtrise, cadres), 
  • le nombre de sièges à pourvoir pour les titulaires et suppléants, 
  • les modalités de vote (à l’urne, par correspondance, ou électronique), 
  • le calendrier électoral (dates du premier et, si besoin, du second tour), 
  • les règles d’organisation du scrutin (lieux, horaires, matériel, confidentialité, etc.). 

Nombre de sièges à pourvoir 

Le nombre de représentants du personnel dépend de l’effectif de l’entreprise. Voici le barème prévu par le Code du travail (article R.2314-1) :

Effectif de l’entrepriseNombre de titulaires à élireNombre de suppléants
11 à 24 salariés1 titulaire1 suppléant
25 à 49 salariés2 titulaires2 suppléants
50 à 74 salariés4 titulaires4 suppléants
75 à 99 salariés5 titulaires5 suppléants
100 à 124 salariés6 titulaires6 suppléants
125 à 149 salariés7 titulaires7 suppléants
150 à 174 salariés8 titulaires8 suppléants
175 à 199 salariés9 titulaires9 suppléants
200 à 249 salariés10 titulaires10 suppléants
250 à 299 salariés11 titulaires11 suppléants
300 à 399 salariés12 titulaires12 suppléants
400 à 499 salariés13 titulaires13 suppléants
500 à 599 salariés14 titulaires14 suppléants
600 à 699 salariés15 titulaires15 suppléants
700 à 799 salariés16 titulaires16 suppléants
800 à 899 salariés17 titulaires17 suppléants
900 à 999 salariés18 titulaires18 suppléants
1 000 à 1 249 salariés19 titulaires19 suppléants
1 250 à 1 499 salariés20 titulaires20 suppléants

🔎 Bon à savoir : au-delà de 1 499 salariés, un titulaire et un suppléant supplémentaires sont prévus par tranche de 250 salariés. 

Conditions de validité du PAP 

Pour être juridiquement valide, le protocole doit être signé à la double majorité : 

  • par la majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation,
  • représentant la majorité des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles. 

💡 Conseil pratique : le recours à un accompagnement juridique ou à une solution en ligne spécialisée permet d’assurer la conformité du protocole et d’éviter toute erreur de procédure. On peut par exemple inclure dans le PAP une clause validant le recours au vote électronique, adoptée à l’unanimité des signataires.

Étape 5 : Préparer les listes électorales et les candidatures 

Après validation du PAP, il convient de constituer les listes électorales et de gérer les candidatures. Cette étape est cruciale pour garantir la validité du scrutin et éviter toute contestation. 

Qui est électeur ? 

Sont électeurs tous les salariés : 

  • âgés d’au moins 16 ans, 
  • ayant au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise,
  • jouissant de leurs droits civiques. 

Les salariés mis à disposition sont également électeurs s’ils travaillent depuis plus d’un an dans l’entreprise d’accueil et s’ils ont fait le choix de voter dans l’entreprise d’accueil.

Qui est éligible ?

Pour se présenter comme candidat au CSE, un salarié doit être électeur et respecter les conditions suivantes :

ConditionDétail
Âge minimum18 ans révolus
Ancienneté minimum12 mois dans l’entreprise
Lien familial avec l’employeurNe pas être conjoint, partenaire de PACS, ascendant ou descendant de l’employeur
Droits civiquesJouir de ses droits civiques
Statut spécifiquene pas disposer d’une délégation écrite particulière d’autorité permettant d’être assimilé au chef d’entreprise ou le représentant effectivement devant le comité social et économique.

Respect des collèges électoraux 

Les candidats doivent être répartis selon les collèges définis dans le PAP (ouvriers/employés, agents de maîtrise, cadres). Les listes doivent être affichées dans l’entreprise et peuvent être modifiées dans les délais légaux pour corriger d’éventuelles omissions ou erreurs. 

💡 Conseil pratique : anticiper la constitution des listes et vérifier la conformité à la parité et aux collèges permet de sécuriser le processus et d’éviter les contestations.

Étape 6 : Organiser le vote… papier ou électronique ? 

L’organisation du vote est l’étape la plus concrète du processus électoral. L’employeur peut choisir entre un vote à l’urne traditionnel ou un vote électronique (en ligne ou sur borne sécurisée). 

Le vote à l’urne 

C’est la méthode la plus classique. Elle nécessite une organisation logistique complète : urnes, isoloirs, bulletins, émargement, dépouillement… Ce mode de scrutin reste fiable, mais mobilise beaucoup de temps et de ressources humaines. 

Le vote électronique 

De plus en plus d’entreprises optent aujourd’hui pour le vote électronique, encadré par le Code du travail et la CNIL. Ses principaux avantages : 

  • simplicité d’organisation : tout se fait en ligne, de la préparation à la clôture du vote,
  • sécurité et confidentialité des données, 
  • traçabilité complète du scrutin, 
  • gain de temps significatif pour l’employeur comme pour les électeurs.

Étape 7 : Tenir le premier tour des élections 

Le premier tour constitue la première étape concrète du scrutin et nécessite une organisation rigoureuse pour garantir la validité des élections. 

Organisation logistique 

Pour un scrutin réussi, il faut prévoir : 

  • les urnes ou la plateforme électronique selon le mode de vote choisi,
  • les isoloirs et le matériel nécessaire pour assurer la confidentialité,
  • les horaires d’ouverture du vote clairement communiqués aux salariés, 
  • l’affichage des listes électorales et des consignes de vote. 

Conditions de validité 

Le scrutin est valide si : 

  • le quorum est atteint,
  • les modalités définies dans le PAP sont respectées,
  • l’employeur respecte sa neutralité et ne favorise aucun candidat ou syndicat. 

Étape 8 : Organiser un second tour (si nécessaire) 

Un second tour est organisé lorsque : 

  • le quorum n’est pas atteint au premier tour, 
  • il y a eu une carence de candidatures au 1er tour
  • certains sièges restent vacants faute de candidatures. 

Organisation et délais 

Le second tour doit se tenir dans les 15 jours suivant le premier tour, il suit les mêmes modalités que le premier tour (vote à l’urne ou électronique), les mêmes règles de neutralité et de respect du PAP s’appliquent. 

💡 Conseil pratique : le recours au vote électronique facilite la tenue du second tour, réduit les erreurs et permet de respecter les délais légaux plus facilement.

Étape 9 : Proclamer les résultats et rédiger les procès-verbaux 

Une fois le ou les tours de scrutin terminés, il est essentiel de proclamer officiellement les résultats et de garantir la traçabilité du processus. 

Formalités administratives 

Pour la rédaction du procès-verbal, le PV doit mentionner toutes les informations essentielles du scrutin : 

  • nombre d’électeurs, 
  • suffrages exprimés, 
  • résultats par collège, 
  • éventuelles irrégularités constatées.

Concernant les signatures, le PV doit être signé par l’employeur et les membres du bureau de vote.. Les résultats doivent eux être affichés dans les locaux de l’entreprise de manière visible ou publiés sur la plateforme électronique utilisée. Le PV et les résultats doivent être ensuite transmis au Centre de Traitement des Elections Professionnelles (CTEP) dans les délais légaux. Enfin, il faudra conserver tous les documents (listes électorales, PV, bulletins, relevés de vote électronique) pour prouver la régularité du scrutin en cas de contestation ou de contrôle. 

💡 Conseil pratique : un PV détaillé et complet évite les contestations ultérieures et sécurise juridiquement l’élection.

Étape 10 : Installer le CSE et accompagner les élus 

Après la proclamation des résultats, l’entreprise doit procéder à l’installation officielle du CSE et soutenir les élus dans leur prise de fonction. 

Réunion d’installation 

  • Organisation de la première réunion du CSE, 
  • Désignation des postes clés : secrétaire, trésorier, et éventuelles commissions (santé, sécurité, activités sociales et culturelles), 
  • Présentation du fonctionnement du CSE aux élus. 

Formation et accompagnement 

  • Les élus doivent suivre la formation obligatoire relative à la santé, la sécurité et au fonctionnement du CSE, 
  • Mise en place de la communication interne pour informer l’ensemble des salariés sur le nouveau CSE et ses missions, 
  • Organisation de la première réunion de travail pour planifier les activités, les réunions régulières et le suivi des commissions. 

💡 Conseil pratique : anticiper la formation et la communication permet aux élus de démarrer leur mandat efficacement et de contribuer rapidement à la vie sociale et économique de l’entreprise.

Organiser les élections du CSE demande rigueur, anticipation et respect des règles légales. Chaque étape, de la préparation des listes électorales à l’installation des élus, doit être planifiée avec soin pour garantir un scrutin conforme, transparent et serein. L’utilisation d’outils adaptés, comme le vote électronique, et l’accompagnement par des experts permettent de simplifier le processus, de gagner du temps et d’assurer la sécurité juridique des élections. En résumé : planification, méthode et outils fiables sont les clés pour des élections CSE réussies.

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